Pourquoi c’est bon de marcher?

Lors d’une précédente chronique (à lire ou à relire), nous avions pris nos pieds en empathie en les dorlotant par les massages et les bains. Nous allons revenir à cette partie essentielle de nos corps, mais par leur fonction première : la marche !
Comme chaque extrémité de notre personne, nos pieds sont constellés de terminaisons nerveuses et ces terminaisons, nous marchons dessus, parfois sans y penser, sauf à poser son pied nu sur une brique d’un jeu de construction célèbre abandonné par notre jeune dernier (et ce ne sont pas les plus grosses briques qui font le plus mal) ou à initier un flirt appuyé entre notre petit orteil gauche et celui du bahut breton de la tante Marthe (le pied du lit, dans le noir d’une nuit définitivement interrompue possède, lui aussi, une certaine efficacité).

Et si nous leur faisions du bien, à ces pieds. Bien-être à haut rapport plaisir/prix !

D’abord, préparons le terrain, c’est-à-dire, sécurisons-le. L’idéal est de réaliser ce petit exercice sur un sol en bois. Le carrelage est souvent froid et la moquette vous privera de certaines sensations.

Maintenant, ayez l’audace de déshabiller vos pieds, personne ne vous regarde, rassurez-vous. Mettez-vous debout.

Avant de vous dire de faire tout à fait autre chose, dans le cadre de notre exercice, je vous rappelle que la marche se pratique en posant le talon au sol en premier lieu et en faisant rouler la plante du pied d’arrière (talon) en avant. Marcher sur la pointe des pieds en permanence mérite une consultation. Chez un enfant, cela peut-être un signe précurseur de troubles.

Et forcément, poser le pied à terre à plat n’est ni meilleur, ni pire. C’est à rééduquer aussi, avant que votre squelette ne soit ruiné par cette pratique traumatisante.

Mais là, nous faisons une petite expérience, en douceur. D’abord, tenez-vous droit ! Ensuite, prenez le temps de ressentir le contact de votre pied avec le sol. Depuis la pointe de vos orteils jusqu’à l’arrière de vos talons, décortiquez chaque étape. Oui, un seul pied à la fois.

Vous pouvez ensuite procéder de l’arrière vers l’avant, puis de la droite vers la gauche, puis dans l’autre sens. Cherchez les points de contact et les creux de vos pieds par rapport au sol.

Ne brûlez pas les sensations, éprouvez chacune d’elles et n’hésitez pas à revenir en arrière si vous avez un doute, si vous avez l’impression d’avoir manqué quelque chose ou bien si c’est trop bon ! Ne vous contentez pas de ce que ressent votre pied, éprouvez aussi les effets sur votre corps.
Quand vous en aurez terminé avec un de vos pieds, vous aurez l’immense bonheur de faire de même avec l’autre, pour revenir encore au précédent. Vous n’allez pas faire des kilomètres, même pas des mètres, mais vous allez, « chemin faisant », vous offrir un automassage de votre voûte plantaire de toute première qualité et un délassement de votre corps réellement efficace.

Vous allez vous convaincre de l’importance de la marche puisque, ce massage, rien ne vous empêche de le renouveler à l’envi.

Plaçons nos précieux petons dans une paire de bas confortables puis dans des souliers adaptés à la randonnée. Des chaussures de sport feront parfaitement l’affaire, des semelles en caoutchouc méritent d’être antidérapantes. Et promenons-nous dans les bois pendant que le loup… vous connaissez ?

Si nous n’avons pas l’habitude des longues balades en forêt, ne commençons pas par nous fixer une boucle qui sera hors de nos forces. Choisissez un circuit plat, sur un terrain non accidenté. Soyez modeste, deux kilomètres à du quatre à l’heure, ça prend une demi-heure. C’est un bon début ! Il ne faut jamais se faire de mal en espérant se faire du bien, c’est totalement contre-productif, voire répulsif ! Le but n’est pas de s’en dégoûter, mais d’avoir une folle envie de recommencer.

Si vous n’avez aucune idée de promenades, voici une excellente occasion de vous servir de votre réseau social préféré. Posez donc la question, vous allez regorger de conseils.
Fixons, au départ, le rythme de nos pas en conformité avec nos habitudes, même si une allure efficace se situe entre sept et neuf kilomètres par heure, soit le double de votre vitesse en rue. D’ailleurs, quand vous serez devenu accrocs, vous ne marcherez pas à cette allure folle pour commencer votre promenade. Chi va piano va sano (lontano, ce sera pour plus tard).

La prochaine fois, nous ajouterons quelques hectomètres à notre parcours et nous augmenterons un peu la fréquence de nos pas, mais sans jamais forcer notre talent, c’est inutile.

Quand vous aurez atteint la moyenne de huit kilomètres par heure, vous ferez « tourner » votre moteur cardiaque à soixante pour cent de sa puissance. Vous brûlerez donc de l’énergie, des bonnes et surtout des mauvaises. N’oubliez pas de vous hydrater, sauf sur des parcours longs (plus d’une heure) un apport alimentaire n’est pas nécessaire. Protégez-vous des éléments (soleil, pluie, vent), un petit coup d’œil sur la météo avant une sortie n’est pas inutile.

Vous voici dans la plus belle salle de sport du monde : la campagne ! Et vous êtes en train de muscler vos fessiers, vos mollets, vos cuisses. Votre bassin, vos bras, vos épaules, votre ventre, votre dos participent à la fête. Tenez-vous droit, imaginez que c’est un marionnettiste qui vous promène, que vous êtes soutenus à vos extrémités par des fils.

La liste des bienfaits de la marche ferait songer à Prévert, voici un inventaire non exhaustif sous forme « télégraphique » et sans le raton laveur du poète à la fin : émotions positives, amélioration cardiovasculaire, diminution des risques d’accidents cérébraux, oxygénation, endurance, digestion, antidépresseur, baisse de l’apparition de certains cancers (côlon, sein), antistress, réduction du diabète, amélioration du sommeil… et si vous en parlez à votre médecin, il va vous donner d’autres excellents conseils et raisons directement liés à votre état de santé.

Ne vous faites pas du bien tout seul. Rien de tel qu’une promenade en amoureux, en compagnie d’un parent ou d’un enfant, d’une amie ou d’un ami. C’est un moment d’intimité, de découverte. Un temps pendant lequel il n’y a rien à faire que de se parler de sujets qui ne seront jamais abordés ailleurs, n’oubliez pas que votre cerveau est pleinement oxygéné et que son rendement est ainsi magnifié. Et puis, voici une idée de premier rendez-vous tellement plus romantique qu’une salle de bistrot : offrez-lui votre plus belle promenade !

Et si vous vous obstinez à aller marcher seul, pourquoi pas. Vous y découvrirez d’autres bénéfices. Prenez cependant vos dispositions au niveau de votre sécurité, annoncez votre sortie, votre trajet, sa durée et munissez-vous d’un téléphone cellulaire, en mode silencieux, non vibrant ! Faites l’amour avec la nature qui vous entoure. Dans une prochaine chronique, nous parlerons de la sylvothérapie, mais si vous croisez un arbre qui vous fait de l’œil, allez donc lui faire un gros câlin, il vous le rendra !

De retour de votre séance de bonheur, offrez-vous un bain réconfortant ou une douche vivifiante. Si un bon chocolat (ou un vin) chaud vous tente, c’est le moment ou jamais ! Attention aux boissons trop froides… et n’assassinez pas votre corps en lui balançant des horreurs gazeuses et sucrées.

Et puis, surtout, promettez-vous de recommencer très bientôt.

Nos vies ne nous permettent pas toujours de consacrer une heure quotidienne à une promenade dans les bois, ils ne sont pas forcément proches de chez vous.

Mais la marche doit être exercée tous les jours : au moins mille pas par jour, l’idéal se situant à dix mille (six kilomètres) ! Et il est hautement probable que vous soyez loin du compte. Certaines professions sont géniales, sur ce point ! Mais combien d’autres nous collent sur un siège à longueur de journée ?

Le seul moyen de marcher, c’est d’en provoquer la nécessité, de la rendre obligatoire, incontournable. Garez-vous ailleurs que devant chez vous, pas juste en face de votre lieu de travail, faites quelques pas pour aller à la boulangerie. Empruntez l’escalier à la place de l’ascenseur, le couloir du métro n’est pas franchement moins rapide que le tapis roulant.

Je termine par deux nouvelles, une excellente et une catastrophique.

La nouvelle catastrophique : le shopping ne compte pas !

L’excellente nouvelle : vous ne savez pas encore à quel point…

… c’est bon de marcher !

LuDivine